La présence ne se crispe t’elle pas sous l’envie de comprendre ?
Il est très précieux d’avoir l’envie d’écouter, d’être un(e) partenaire attentif.ve, concerné(e), aimant(e).
Mais parfois, cette belle intention se transforme en tyrannie. Elle devient trop – trop présente – trop pressante – trop sur le qui-vive – trop en alerte émotionnelle.
Et au lieu de nourrir le lien, elle finit par l’étouffer.
Avez-vous déjà senti que, malgré votre écoute sincère, l’autre se referme de plus en plus ?
Qu’au lieu de créer de l’intimité, l’intérêt que vous portez à l’autre, les questions l’éloignent subtilement ?
Que dans votre désir d’être attentive, d’aider parfois, vous prenez sans le vouloir une place de thérapeute… au lieu de rester celle de partenaire ?
Dans les relations de couple conscientes, cette frontière est parfois floue. Et pourtant, essentielle.
Curiosité affectueuse ou intrusion déguisée ?
L’écoute véritable ne cherche pas à « savoir » – elle cherche à « être avec« .
La sur-analyse cherche à comprendre, anticiper, dénouer, prévenir. Elle veut tout capter, tout décrypter, souvent par peur.
Quelques signes de bascule entre écoute active et sur-analyse :
- Vous posez des questions en chaîne sans laisser d’espace vide
- Vous cherchez le « pourquoi » au lieu d’accueillir le « comment tu te sens »
- Vous avez du mal à tolérer les silences ou les non-réponses
- Vous interprétez en permanence ce que l’autre dit… ou ne dit pas
- Vous ressentez une tension intérieure quand l’autre ne se livre pas comme vous l’espériez
Ce n’est pas un défaut. C’est une stratégie de contrôle. Une manière subtile de tenter de maîtriser l’insécurité relationnelle, la plupart du temps en lien avec la blessure de trahison.
Quand l’attention déclenche une réactivation inconsciente
Pour certains hommes, la sensation d’être trop écouté, trop observé, trop « ressenti » dans le lien amoureux peut réveiller un souvenir corporel ancien : celui d’une emprise maternelle douce mais envahissante. Une présence constante, saturante, presque affectivement étouffante, vécue dans l’enfance comme une impossibilité à exister par soi-même.
Dans le couple, cette mémoire peut se réactiver face à une partenaire attentionnée, très à l’écoute… mais peut-être trop, installée dans une posture qui peut être légèrement au-dessus, comme si elle savait mieux, sentait mieux, comprenait pour deux. Même si cette posture est bien souvent pleine de bonne volonté, elle peut être perçue, inconsciemment, comme une intrusion dans l’espace vital, une prise de pouvoir sur l’autre.
Et alors, sans comprendre pourquoi, l’homme se ferme, fuyant la parole, repoussant le dialogue, choisissant le repli plutôt que l’intéraction.
Ce n’est bien souvent pas de la mauvaise volonté, mais un mécanisme archaïque et automatique de protection.
Lorsque l’homme en prend conscience et qu’il est en mesure de l’exprimer à sa partenaire, le couple peut alors faire un pas de côté : non pas pour moins s’écouter, mais pour le faire autrement. En s’offrant plus d’espace, plus d’humilité, plus de respect de l’intégrité de chacun.
Et surtout, plus de conscience des vieux récits qui s’invitent dans le présent.
Quand la recherche de compréhension entrave l’intimité
À force de chercher à comprendre, on oublie d’aimer.
L’intimité ne se crée pas par la parole uniquement, elle naît dans les respirations communes, les regards silencieux, dans le fait de se sentir accueilli, sans devoir toujours s’expliquer.
Parfois, vouloir tout savoir de l’autre, c’est lui signifier qu’il n’est pas encore tout à fait compris tel qu’il est ou lui faire sentir qu’on n’arrive pas à lui faire entièrement confiance.
Et cela peut créer :
- Un retrait émotionnel,
- Un sentiment d’être sous surveillance affective,
- Une confusion entre amour et analyse,
- Une forme de pression à devoir tout livrer pour rassurer l’autre.
Pratiques pour développer une présence détendue
Et si l’amour consistait à simplement être là, sans agenda ni attente de dévoilement ?
Voici quelques pistes pour alléger la relation tout en restant proche et complice :
- Pratique du silence conscient : S’offrir 5 mn côte à côte, sans échanger, juste respirer ensemble. La présence n’est alors plus liée au contenu.
- Question unique et vraie : Plutôt que de creuser mille choses, poser une seule question sincère… puis écouter, vraiment, sans préparer sa réponse.
- Demander le consentement affectif
Ex : Est-ce que tu es disponible pour que je te partage quelque chose de délicat ? ou, à l’inverse : As-tu envie d’en parler ou préfères-tu que je sois juste là, avec toi ?
- Observer les élans d’analyse : Prendre conscience, sans se juger, chaque fois qu’on cherche à comprendre l’autre au lieu de juste l’écouter, et essayer de rester en silence.
Pourquoi ne pas faire appel à un(e) professionnel(le) de l’accompagnement ?
Thérapeute relationnelle et Coach de vie, Anaïck Vaillant vous offre un espace d’exploration sécurisant et sensible pour :
- Apprendre à écouter activement, sans se perdre,
- Se libérer de la posture de « psy » dans son couple,
- Revenir à une présence authentique et puissante,
- Redonner à l’intimité relationnelle sa simplicité et sa joie.
Les séances sont ouvertes aux couples comme aux démarches individuelles pour celles et ceux prêts à désactiver les schémas subtils qui empêchent d’aimer librement.
📍 En visio ou en présentiel à Rezé – Nantes sud.
Et si aimer rimait avec lâcher-prise ?
On croit parfois que comprendre l’autre, c’est l’aimer mieux.
Mais aimer, ce n’est pas décoder. C’est être là, sans s’imposer, sans forcer, sans guider.
C’est faire confiance à la relation, même quand l’autre est flou, silencieux, ou en retrait. C’est accueillir qu’il/elle ait ses zones d’ombre, ses peurs, ses lenteurs, ses silences.
Et c’est se demander, honnêtement :
Suis-je avec lui/elle… ou suis-je dans ma tentative de le/la réparer ?
C’est là que commence une autre qualité relationnelle, plus libre, plus vivante, plus vibrante.
Prenez rendez-vous ou contactez-la par mail : contact@anaick-vaillant.fr