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Anaïck VAILLANT

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J’ai eu le plaisir d’être invitée en décembre dernier par l’équipe éditoriale qui  crée et anime l’émission mensuelle “BAF” en tant que psychopraticienne pour donner mon regard / éclairage sur le thème de l’Amour ou plus concrètement des relations amoureuses et du couple.

Un bon moment simple et joyeux auprès de l’équipe pour parler sérieusement d’un sujet important sans se prendre au sérieux !

C’est avec joie que je vous le partage.

Pour l’écouter, cliquez tout simplement sur le lien ci-dessous puis sur “Ecouter”

Emission sur le thème de l’Amour

Belle écoute à vous !

Allongée sur le sable, l’esprit vagabonde, se perd à contempler les nuages qui parsèment ce ciel d’un bleu limpide… Sensation d’immersion totale, mon corps se fond dans les éléments, j’entends au loin le clapotis des vagues qui viennent se jeter sur la plage. Je sens la brise souffler légèrement sur mon visage, le soleil réchauffer le grain de ma peau, c’est si doux, si savoureux, je profite de l’instant présent …

J’accueille avec délectation cette expérience de pure douceur, d’osmose avec la Nature que m’offrent ces premières journées printanières. Je SUIS tout simplement en train d’ETRE en relation avec moi, savourant pleinement l’instant, connectée à mon corps, en train d’accueillir le flot de la vie qui circule en moi.

Et si j’osais écouter ce que je ressens vraiment, au plus profond de mon être ? Si petit à petit, je prenais conscience de mon corps, ici et maintenant, ressentant sa densité, peut-être une certaine lourdeur, ou au contraire un sentiment de légèreté, peut-être de la chaleur, des fourmillements dans mes membres …

Et si je décidais d’écouter encore plus en profondeur, de m’extraire à l’intérieur de moi, comme si j’empruntais un escalier pour descendre un étage et que je franchissais chaque marche l’une après l’autre, en prenant conscience du sol sous mes pieds ? Alors peut-être commencerais-je à ressentir les différentes parties de mon corps, à percevoir mes os, mes muscles, le sang qui circule dans mes veines, les battements de mon cœur, l’air, le souffle de vie qui m’anime…

Peut-être même pourrais-je percevoir des sensations de tension, des points douloureux, des zones qui semblent résister et aussi du plaisir.

Partir à la découverte de votre être intérieur

Petit à petit, de manière presque microscopique, à la manière d’un explorateur curieux, je vous invite à plonger dans l’infiniment petit, au cœur de vos cellules, à partir à la découverte de votre être intérieur.

Cela semble si facile, évident même. En effet, nul besoin de techniques ou de diplôme particuliers pour expérimenter cette pratique d’écoute. Il s’agit d’une expérience sensorielle particulièrement simple et qui pourtant nécessite pour beaucoup d’entre nous, un certain effort, de la rigueur, de l’attention.

En effet, ce retour à soi exige de prendre le temps, de ralentir pour écouter et entendre ce que le corps a à nous dire, de devenir l’observateur extérieur de son intérieur. Il s’agit bien là d’entrer en contact avec vous, avec qui vous êtes vraiment.

Rencontrer votre mental

Lors de cette pratique, vous allez mettre très peu de temps (juste quelques secondes) avant de  rencontrer votre MENTAL, cette petite voix intérieure, comme un petit personnage de bande dessinée qui vient vous parler, souvent pour vous dire que « vous devriez, vous ne devriez pas, il faut penser à, il ne faut pas oublier de… ». Un flot de pensées va, au gré de votre retour à vous-même, tenter de capter votre attention pour vous embarquer ailleurs… et souvent, la plupart du temps, vous allez l’écouter, la suivre car elle est tellement persuasive. En quelques secondes, vous allez quitter cet état de connexion, cet état d’ETRE, pour vous remettre en action et FAIRE quelque chose.

Tout cela est parfaitement normal. Toutefois, comprenez qu’en vous identifiant à votre mental, vous fuyez en réalité votre ETRE intérieur. C’est comme si vous n’habitiez plus votre corps, que vous ne ressentiez plus votre vie.  Ainsi, vous allez passer la plupart du temps à vivre à côté de vous-même, à incarner ce(s) personnage(s), ce(s) rôle(s), ce que l’on nomme l’EGO et que votre mental vous pousse à être.

Cette identification à l’Ego va vous conduire à déformer la réalité et à intellectualiser votre vie, la réfléchir plutôt que de la vivre. En effet, le mental ne s’intéresse qu’au passé et au futur alors que la vie se vit au PRÉSENT.
Il ne fait qu’interpréter les paroles prononcées ou l’évènement qui se produit en fonction de votre vécu, des expériences et conditionnements du passé, des croyances sur vous, les autres et le monde. Quand une situation du présent vous fait ressentir de la peur, c’est seulement une projection mentale dans un futur imaginaire, basée sur vos expériences passées.

Le mental a le pouvoir de vous couper totalement de l’ici et maintenant.

Le retour à soi

Ainsi, revenir à soi, à l’instant présent, c’est devenir pleinement conscient de tout ce que vous ressentez et de ce qui vous entoure. C’est apprendre à écouter vos sensations, besoins, élans, non plus uniquement avec votre tête mais bien en vous basant sur les messages que vous délivre votre corps et votre cœur. Connectés avec QUI VOUS ETES VRAIMENT, vous pourrez alors ensuite choisir et décider d’AGIR en fonction de ce que vous avez pu entendre et percevoir.

Cette écoute intérieure, ce RETOUR A SOI que l’on apprend à affiner en pratiquant la méditation de pleine conscience nécessite INTENTION et ATTENTION. Il s’agit d’une autorisation que l’on se donne et qui permet de faire le vide en soi pour entendre l’inaudible, ce que l’action, le mouvement permanent ne permet pas.

Et si c’était cela VIVRE, se connecter à cette partie de nous qui SAIT ce qui est bon pour nous.
Comment faire pour être davantage PRÉSENT ?
Et si justement, il s’agissait de ne rien « faire », de ne rien forcer, seulement se laisser ETRE dans la douceur et la confiance de chaque instant.

 

Quand vous entendez le mot « investir », à quoi pensez-vous immédiatement ?

« Acquérir un logement, rénover le vôtre, faire des placements financiers, acheter des actions, prendre une assurance vie, cotiser pour votre retraite … »

Ne trouvez-vous pas que tous ces sujets traitent d’une seule et même chose ?  L’argent

L’investissement est aussi directement associé à la prévoyance puisque notre société occidentale nous incite vivement à toujours anticiper et prévoir l’avenir…  et pour se faire, il est bon de faire des placements ou de mettre des sous de côté pour « nos vieux jours ».

Pour certains, ces « vieux jours » seront synonymes de temps, de liberté d’action, d’envies… Mais pour d’autres, la vieillesse apportera aussi son lot de limitations, physiques ou mentales, de douleurs, de fatigue… s’ajoutant à cela une forme de regrets, un sentiment de déception et des pensées telles que « si j’avais su… ».

Alors, à quoi cela vous sert-il d’investir pour le futur si vous ne prenez pas soin de vous maintenant, dans l’instant présent ?

Il me semble que la Vie se déroule maintenant pour chacun d’entre nous, non ?

De quelles manières pouvez-vous investir sur vous présentement et faire en sorte que vous n’ayez plus tard aucun regret ?

Voici quelques pistes de réflexion que j’ai envie de vous partager :

  • Offrez-vous du temps, un tête à tête avec vous-même (avec vous m’aime) – un retour à soi pour écouter ce que votre être profond a envie et besoin de vous murmurer à l’oreille.
  • Faites-vous du bien, offrez-vous de l’amour et de la bienveillance, soyez votre meilleur ami  et n’oubliez jamais que vous êtes la personne la plus importante.
  • Prenez soin de votre corps et apprenez à l’aimer comme il est. Il est le véhicule qui vous permet d’être vivant(e). Une chose est certaine, vous l’occuperez jusqu’à la fin de votre vie donc prenez soin de ce que vous lui donnez comme carburant, offrez-lui  aussi de l’hydratation et un repos de qualité et maintenez-le en bonne forme. En deux mots : chouchoutez-le !
  • Autorisez-vous à rêver, RÊVEZ GRAND et faites chaque jour un nouveau pas pour vous rapprocher de votre rêve.
  • N’oubliez pas de prendre le temps de nommer et de manifester votre amour – (cela fait malheureusement souvent partie des regrets des personnes en fin de vie).
  • Ne reportez-pas toujours au lendemain ce que vous auriez envie de faire maintenant – Bloquez dans votre agenda des plages de RIEN pour choisir dans l’instant ce que vous désirez. Je vous rappelle que la vie se passe maintenant. Riez, chantez, dansez, sautez dans les flaques d’eau, soyez aussi  spontané et léger qu’une plume.
  • Cessez de vous censurer en permanence en suivant les diktats de votre mental ou ego (juge intérieur) qui vous assène des : « tu devrais », « il faut », « ce n’est pas bien », « tu ne mérites pas », « n’importe quoi », « tu te prends pour qui »…
  • Apprenez à mettre de la distance avec les jugements des autres, ne faites pas de ce qu’ils projettent sur vous une affaire personnelle. Tout ce qu’ils vous disent ne parlent que d’eux, leurs envies, leurs peurs, leurs limitations…
  • Apprenez à recevoir (compliments, sourire, soutien physique ou moral, gestes et mots d’amour) car nous sommes souvent plus habitués à donner qu’à recevoir et l’énergie circulaire du donner – recevoir est primordiale.
  • Investissez dans tout ce qui vous procure de la joie et du bien-être et pas seulement dans des biens matériels qui sont une illusion de bonheur extérieur mais qui ne remplissent pas votre vie intérieure.
  • Traitez-vous avec indulgence, ne vous jugez pas, ayez autant de considération pour vous que pour vos proches, votre travail, votre logement…
  • Osez investir votre temps et votre argent dans des choses immatérielles qui vous aideront à élargir votre champ de conscience : méditation, lectures, stages de développement personnel, thérapie, coaching, soins énergétiques… et ainsi à mieux vous aimer.
  • Vivement pleinement, à 200% et croquez la VIe à pleine dent !

Je suis sincèrement convaincue que le meilleur des investissements que vous puissiez faire, c’est d’investir sur vous et tout ce qui compte pour vous.

La recette du bonheur a pour principal ingrédient : la JOIE.  Alors, parsemez votre VIE de nombreux éclats de Joie et comme vous l’avez déjà compris, investissez sur ce qui est le plus important : VOUS et votre VIE !

 

 

 

 

 

 

Pour bon nombre de jeunes l’inquiétude est forte, autant pour eux que pour leurs parents, face à la question de l’orientation scolaire et professionnelle.

Pourquoi cette question est-elle devenue si anxiogène ?

La pression émanant du système éducatif incite les jeunes à arrêter UN CHOIX clair parmi une multitude de possibilités qui s’offrent à lui et ce de plus en plus tôt. S’ajoute à cela des procédures d’admission complexifiées par une compétition rude pour intégrer certaines écoles ou filières.

Surviennent alors de nombreuses questions pour le jeune et ses parents.

  • Comment savoir « quoi faire de son avenir » alors que l’on a que 16, 17,18 ans… et pas encore vraiment expérimenté la vie ?
  • Comment se repérer parmi ce flot d’informations et de formations disponibles ?
  • Comment choisir une voie professionnelle alors que les médias annoncent en parallèle que 65% des métiers de demain n’existent pas encore ?

La liberté qu’ont aujourd’hui les jeunes de choisir est à la fois une chance que n’avaient souvent pas les générations passées et en même temps, c’est aussi une immense source d’anxiété puisqu’ils deviennent aussi co-auteur et co-acteur de leur avenir.

En effet, cette révolution culturelle et sociétale leur offre la possibilité de reprendre le pouvoir créateur et créatif, mais elle leur demande également d’être pleinement responsables, ce qui, on peut le comprendre, peut aussi les effrayer.

Pour enrichir mon propos, j’ai envie de vous partager le regard que porte le psychiatre Boris Cyrulnik sur cette question.

« Le problème est que l’on fait sprinter nos jeunes, et ces jeunes, en sprintant, se cassent souvent la figure. Après le bac, ils s’orientent trop vite, alors qu’ils ne sont pas encore motivés. Ils s’inscrivent dans n’importe quelle Fac, et la moitié d’entre eux vont échouer. Ils vont alors être humiliés, malheureux, à l’âge où l’on apprend neurologiquement et psychologiquement à travailler. Le risque est, alors, qu’ils se désengagent, surtout les garçons, qui décrochent plus que les filles. Or, ce qui peut aider un jeune à prendre sa voie, c’est son pouvoir de rêve. Il faut ensuite se réveiller, bien sûr. Le rêve mène au réveil. Mais si un jeune arrive à rêver et à se mettre au travail, il pourra prendre une direction de vie. » Boris Cyrulnik

Prendre le temps de se laisser aller à RÊVER en utilisant la visualisation comme outil d’exploration de ses aspirations profondes semble être un chemin constructif vers l’élaboration d’un projet. C’est un moyen d’autant plus accessible aux jeunes qu’ils traversent une période de vie remplie d’idéalisme. 

C’est aussi l’un des outils que j’utilise dans l’accompagnement d’adultes en transition professionnelle afin de les aider à ouvrir le champ des possibles pour ensuite choisir une voie qui sera davantage en accord avec eux-mêmes.

La bonne nouvelle, c’est qu’à tout âge il est possible de CHANGER !

Et en tant que parent, quel est votre JUSTE PLACE ?

Les jeunes attachent beaucoup d’importance à l’attitude et au soutien de leurs parents dans cette phase de réflexion puis de prise de décision sur leur orientation.

1 – Le dialogue et les échanges

La véritable clé est l’écoute, le dialogue et la communication. Ecouter, cela sous-entend ouvrir son esprit pour entendre ce que votre jeune a vraiment envie au fond de lui et hors de sa structure familiale. Ecouter ses envies mais également entendre ses peurs, ses doutes et lui offrir un espace sécurisant pour lui permettre de les exprimer librement, sans crainte d’être jugé.

2 – L’encouragement

Motiver votre jeune, c’est lui insuffler du courage et de la détermination pour l’inciter ainsi à passer à l’action. C’est l’aider à développer un sentiment d’efficacité personnelle, nourrir la confiance en sa capacité à réussir.

3 – L’accompagnement opérationnel

Le jeune a besoin de se sentir guidé, accompagné de manière concrète. Même si vous ne savez pas trop comment vous y prendre, un accompagnement le plus neutre possible permettra à votre jeune de se sentir libre dans ses choix.

Pour se faire, vous pouvez l’aider à prendre conscience de qui il est. Par exemple, vous pouvez lui proposer d’énoncer ses centres d’intérêt, ses goûts, ses aptitudes, ses valeurs et motivations, en lui rappelant des projets ou des expériences scolaires ou extra scolaires qu’il a aimé et où il a pu créer, se réaliser positivement.

Vous pouvez aussi lui demander de faire des démarches concrètes de son côté (recherches documentaires, fiches métiers, enquêtes professionnelles, salons…) afin de le responsabiliser puis coordonner vos informations afin d’élaborer ensemble un plan d’actions qui convienne à chacun. Cela permet au jeune de se sentir soutenu et rassure le parent sur l’avancée du projet et les étapes qui constituent sa réalisation.

4 – La neutralité bienveillante

Votre rôle est avant tout de lui permettre de développer une bonne estime et une vision positive de lui-même. Vous est forcément une source d’inspiration et d’influence pour lui, il est donc important que vous portiez un regard le plus neutre possible par rapport à son projet d’avenir, en échangeant avec lui sur ses  inquiétudes éventuelles de manière douce et bienveillante, surtout si le projet qu’il dessine ne vous parait pas cohérent avec ce que vous percevez de lui.

5 – Le risque de projections

Soyez également en mesure de faire la différence entre votre projet (désir personnel) pour votre enfant et le projet qu’il souhaite pour lui-même. Faites attention à bien faire la part des choses entre vos propres ambitions et celles de votre enfant. Il ne s’agit pas de prendre votre revanche et de projeter sur lui vos désirs non assouvis, non réalisés !

6 – La juste place

A cet âge, le besoin du jeune est paradoxal, puisqu’il se situe entre la dépendance et l’indépendance, sur un chemin qui le conduira à l’autonomie. Il peut donc s’avérer judicieux d’être présent sans être envahissant, dans ce choix d’orientation et dans tous les domaines de sa vie également.

Il s’agit bien de l’accompagner et non pas de décider pour lui, ni de prendre des décisions à sa place !

7 – Demande d’aide à un tiers

La médiation par un tiers peut être une autre solution. Se faire aider par un membre de son entourage ou  pour plus de neutralité par un professionnel de l’orientation permet souvent d’éviter bien des souffrances et tiraillements familiaux. Le regard neutre et objectif  d’un tiers s’avère souvent bénéfique au bien-être du jeune et de ses parents.

Pour le jeune, ce choix représente souvent le premier vrai choix de sa vie d’adulte . Il est donc important qu’il le fasse en conscience afin de réaliser qu’il est le maître d’oeuvre de sa vie. Devenu responsable de ses choix, il pourra alors créer et choisir la direction qu’il souhaite prendre. A chaque instant, il aura la possibilité de modifier le cours de sa trajectoire…

Je vous souhaite beaucoup de patience et de persévérance pour accompagner le plus sereinement possible vos jeunes dans cette première grande transition de vie.

En tant que mère d’une jeune femme de 18 ans, je suis moi-même chahutée, au cœur de ce processus, m’interrogeant à chaque instant sur ma JUSTE PLACE.

 

Nous avons  toutes et tous des habitudes de fonctionnements, habitudes que nous répétons inlassablement et qui nous conduisent toujours dans la même direction …

Lorsque nous prenons conscience que cette direction n’est plus en adéquation avec nos envies, nos besoins, notre nature profonde, nous décidons alors que le temps est venu de changer.

Changer, de comportement, de mode de pensée, de manière de fonctionner … ne se fait pas du jour au lendemain et demande bien souvent du temps et de la répétition afin que de nouvelles actions ou pensées, de nouveaux schémas puissent s’opérer et se maintenir ensuite dans la durée.

C’est tout l’intérêt et l’objet d’un accompagnement, que ce soit une thérapie ou un coaching : Etre aidé à identifier, à mettre en mots ce que vous désirez profondément puis avancer, pas à pas dans la direction que vous souhaitez.

C’est ce que les Japonais appellent « la voie du Kaizen ».

Lorsque j’ai découvert le poème ci-dessous intitulé “Histoire du trou dans la rue”, j’ai vraiment beaucoup aimé la métaphore qui pour moi est une parfaite illustration de ce qu’est le processus du changement.

Belle découverte !

 

Chapitre I
Je marche dans la rue
Sur le trottoir, il y a un grand trou
Je tombe dans le trou
Je suis perdu … désespéré
Ce n’est pas ma faute
Cela me prend une éternité pour en sortir

 

Chapitre II
Je marche dans la même rue
Sur le trottoir, il y a un grand trou
Je prétends que je ne le vois pas
Je retombe encore dedans
Je n’arrive pas à croire que je me retrouve de nouveau dans ce trou
Mais ce n’est pas ma faute
Et de nouveau, cela me prend longtemps pour en sortir

Chapitre III

Je marche dans la même rue
Sur le trottoir, il y a un grand trou
Je vois le trou
Je tombe encore dedans. C’est devenu une habitude
Mes yeux sont grands ouverts
Je sais très bien où je suis
C’est ma faute
J’en sors rapidement

Chapitre IV
Je marche dans la même rue
Sur le trottoir, il y a un grand trou
Je le contourne

Chapitre V
Je marche dans une autre rue.

« Autobiography in Five Chapters »  –  Portia Nelson

 

  1. Prendre le temps chaque jour de sentir calmement la façon dont tu voudrais te relier à toi-même et aux autres
  2. Souviens-toi que tous les êtres humains ont les mêmes besoins
  3. Vérifie ton intention afin de voir si tu es aussi intéressé par la fait que les autres voient leurs besoins autant nourris que les tiens
  4. Quand tu demandes à quelqu’un de faire quelque chose, vérifie d’abord si tu es en train de faire une demande ou une exigence
  5. Au lieu de dire ce que TU NE VEUX PAS qu’une personne fasse, dis-lui plutôt CE QUE TU VOUDRAIS qu’elle fasse et comment elle se sent à l’idée de faire cela
  6.  Au lieu de dire ce que tu voudrais qu’une personne SOIT, dis plutôt quelle action tu souhaites qu’elle FASSE en lien avec tes besoins
  7. Avant d’approuver ou de critiquer l’opinion de qui que ce soit, essaie de percevoir ce que la personne ressent, et ce sont elle a besoin
  8. Au lieu de dire « NON », exprime plutôt quels sont les besoins qui t’empêchent de dire « OUI »
  9. Si tu te sens contrarié, ressens quels sont les besoins en toi qui ne sont pas nourris, et cherche ce que tu pourrais faire pour les nourrir, plutôt que de continuer à ruminer sur ce qui ne tourne pas rond chez les autres ou chez toi
  10. Au lieu de faire l’éloge de quelqu’un qui a fait quelque chose que tu aimes, exprime plutôt la gratitude en lui révélant lesquels de te besoins sont nourris par son action

Marshall B. Rosenberg

Avez-vous déjà remarqué à quel point l’Autre, j’entends par là, les personnes que nous croisons ou qui font partie de notre entourage sont déclencheurs d’émotions de toute sorte chez nous ?

Nous ne comprenons souvent pas pourquoi les comportements ou simplement l’énergie que l’autre dégage nous impactent et parfois même déclenchent des sentiments fort désagréables en nous.

  • Soit la présence de l’autre nous fait du bien, nous nous sentons en confiance, il nous inspire et nous lui prêtons de belles intentions et qualités d’être…
  • Soit au contraire, sa présence nous dérange, nous met mal à l’aise, nous avons l’impression que cette personne appuie toujours sur le mauvais bouton et qu’elle déclenche en nous de l’agacement dès que nous sommes en sa compagnie. Nous nous retrouvons alors à la juger, la critiquer voire la rejeter…

Ce qui est curieux, c’est que nous ne sommes pas tous agacés par les mêmes personnes, fort heureusement :-).
La voisine du dessus qui m’énerve ne fait aucun effet particulier à mon ami, alors qu’il redoute de parler au mari de ma collègue avec lequel je discute aisément.

Comment expliquer cela ? Et si l’Autre n’était finalement qu’un reflet d’une partie de nous-même?

Selon l’approche du psychanalyste Jacques Lacan, « la construction de notre identité personnelle se produit à travers la captation de soi dans d’autres personnes ». Ainsi, les relations que nous développons avec les autres sont des projections d’aspects de notre personnalité, que nous apprécions ou non. Cette « théorie du miroir » est vraiment intéressante dans le sens où elle nous permet de mieux nous connaitre, en nous libérant de nos conditionnements passés, grâce aux relations avec les autres.  Si je regarde  l’autre comme le miroir de moi-même,  je peux ainsi devenir conscient de qui je suis réellement en apprenant à aimer toutes les parties de moi.

Il nous est souvent bien plus facile d’accepter cette conception lorsque nous aimons ce que nous voyons chez l’autre, ses traits de caractère mais aussi son aspect extérieur. Plus difficile par contre  d’admettre et de reconnaître que l’autre puisse être notre miroir lorsqu’il se comporte d’une manière qui nous offusque.

Plus difficile par contre  d’admettre et de reconnaître que l’autre puisse être notre miroir lorsqu’il se comporte d’une manière qui nous offusque.

Comment l’autre peut-il être mon miroir alors que justement je trouve son attitude déplacée ou inadaptée et qu’il me serait donc impossible d’avoir une telle attitude en pareille circonstance ?

Et bien tout simplement parce que je ne suis justement pas consciente de toutes les parties qui me composent.

Explication : Quand vous vous regardez dans un miroir et que l’image de vous qui est renvoyée ne vous plait pas – il ne vous viendrait pas à l’esprit de penser que c’est le miroir qui crée de toute pièce les aspects disgracieux que vous observez et de le jeter ?

Pourtant, c’est la plupart du temps la réaction que nous adoptons (jugement, rejet…) lorsqu’une personne que nous rencontrons nous agace. Si cet aspect nous dérange chez elle, c’est bien souvent parce que nous le possédons également naturellement mais que nous le contrôlons pour ne pas le montrer, ayant appris dans notre enfance, qu’il n’était pas bien d’être ainsi. Hors, en  rejetant  ce que nous voyons en elle, nous rejetons aussi un aspect de nous qui a juste besoin d’être vu, accueilli et accepté.

Si nous choisissons de ne pas le reconnaître (à travers le miroir que l’autre nous renvoie), nous continuons alors de le rejeter et serons amenés à le revivre via d’autres expériences, à travers d’autres personnes qui nous dérangeront de la même manière, jusqu’à ce que nous en soyons pleinement conscients.

Une belle opportunité de nous connaître

En effet, en nous reflétant, l’autre nous donne une véritable opportunité de mieux nous connaitre mais surtout de nous aimer inconditionnellement, avec nos parts d’ombre et de lumière. C’est un chemin d’acceptation de soi et de libération. Nous sommes alors capables de regarder en face la souffrance que nous entretenons et arrêtons ainsi de nous nier.

 En nous reflétant, l’autre nous donne une véritable opportunité de mieux nous connaitre mais surtout de nous aimer inconditionnellement

Plutôt que de juger l’autre ou de penser à nous en protéger, nous pouvons choisir à chaque instant de nous interroger sur le « Pourquoi je ressens telle émotion vis-à-vis de cette personne et quelle est la partie d’elle que je trouve insupportable et qui se trouve aussi en moi ?”

Tout ce que nous voyons à l’extérieur est un miroir de ce qui existe à l’intérieur.

Il s’agit là d’une vision qui propose un changement de point de vue. Ce n’est pas le comportement de l’autre qui est notre reflet mais l’aspect en lui qui nous plait / déplait.

En pratique ?

Si le comportement de l’autre nous dérange, il est important de nous demander « Qu’est-ce que je lui reproche exactement ? – pas dans son comportement mais au niveau de son ETRE ? De quoi est ce que je l’accuse exactement ? D’être quoi ? »

Si la réponse qui nous vient instantanément est par exemple «  Je l’accuse d’être un menteur » alors c’est que nous n’avons pas encore vu et accepté l’aspect de nous, la part de nous qui se nomme Mensonge. Et si je commence à m’interroger, peut-être pourrais-je reconnaître que parfois moi aussi je mens à d’autres, dans certaines situations ou que je suis peut-être encline à me mentir à moi-même, en ne voulant parfois pas admettre certains faits ou certaines situations.

Une fois cet aspect reconnu, essayez alors d’identifier quelle est la peur inconsciente qui vous empêche d’assumer cet aspect en vous (peur du rejet, peur de décevoir, peur d’être abandonné, peur de ne pas être aimé…) puis retrouvez un souvenir, une circonstance où vous avez eu ce même aspect (envers vous ou quelqu’un d’autre) et vérifiez alors quelle était votre intention, votre motivation.

En réalisant ce qui vous a motivé à agir dans cette situation, vous deviendrez beaucoup plus compatissant envers l’autre, pourrez faire preuve d’empathie, comprenant qu’il adopté ce comportement pour nourrir son propre besoin, répondre à sa motivation et non contre vous, ne cherchant probablement ni à vous nuire ni à vous blesser intentionnellement.

Améliorer nos relations avec les autres

Ainsi, en devenant conscients de l’ensemble de nos aspects, nous pourrons davantage nous aimer et améliorer nos relations avec les autres puisqu’ils ne nous dérangeront plus. Au fur et à mesure que nous accueillerons nos différentes parts, nous serons de moins en moins impactés émotionnellement par les autres et leurs comportements.

Le meilleur moyen de devenir ce que vous désirez être est d’abord d’accepter d’être pleinement ce que vous ne voulez pas être !

A partir de maintenant,

je choisis de rêver mes propres rêves, afin de pouvoir savourer pleinement l’exaltation mystique d’être humain.

A partir de maintenant,

je choisis de me relier aux autres de manière empathique, afin de respecter pleinement l’expérience unique et sacrée que l’on peut rencontrer chez chaque personne à chaque instant.

A partir de maintenant,

je choisis de laisser mes actions découler de la communion avec la nature, et de porter mon attention dans la direction qui soutient ce courant.

A partir de maintenant,

je choisis de prendre conscience des pensées déshumanisantes qui m’ont été inculquées par ma culture, et de les empêcher de me pousser à agir de manière violente comme un robot..

A partir de maintenant,

je choisis de révéler ouvertement ce qui est vivant en moi, quand bien même les autres pourraient ne pas apprécier mon cadeau.

A partir de maintenant,

quand je revêts un titre qui me confère une autorité, je choisis d’être conscient que le fait d’atteindre une frontière avant les autres personnes ne justifie jamais le recours à des méthodes punitives pour les amener à me rejoindre.

A partir de maintenant,

je choisis de croire que la non satisfaction de nos besoins résulte d’un manque de dialogue et de créativité plus que d’un manque de ressources.

Marshall Rosenberg  – créateur du processus de Communication Non Violente ( CNV)
1970